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  Olivier, Paysan Boulanger en agriculture biodynamique

Titulaire d'un BPREA, Olivier désire être Paysan Boulanger. La recherche de foncier s'avère difficile et le conduit à s'installer de manière progressive. Son installation s'effectue en deux temps.


Les premières démarches

Inscrit au RDI, il se rapproche de fermes de plus de 30 hectares. Très vite, il a senti une méfiance de la part des cédants vis-à-vis de quelqu’un qui n’était pas du milieu et avait un projet "atypique". Ces deux expériences se sont terminées par des échecs « qui l’ont découragé ».
Pour pouvoir s'installer quand même, il achète avec sa femme une ancienne longère avec deux hectares sur lesquels il a commencé à semer son blé.
Pour son installation, Olivier choisit de limiter ses investissements en réalisant le maximum d'auto-construction et en comptant sur l'entraide et une CUMA pour le matériel agricole.

Un financement solidaire

La longère est achetée par un prêt privé. Son installation comprend surtout le coût de fabrication du fournil, du four et les avances sur cultures et achats de fournitures nécessaires pour le début de l'activité.


N'ayant la surface d'installation nécessaire pour être considéré comme agriculteur, il s'installe alors avec le statut de "cotisant solidaire" à la MSA et trouve un emploi à mi temps pour compléter son revenu. «  Il était hors de question de faire un parcours à l’installation classique car je n’avais pas la surface minimum. Je me suis alors tourné vers la NEF. »
La NEF, Nouvelle Économie Fraternelle, est une banque de la finance sociale et solidaire. Elle a apporté à Olivier un regard humain, et des conseils sur l’insertion sociale et territoriale du projet mais aussi sur le plan commercial. La banque a demandé une caution solidaire de 12 000 €. Olivier a alors voulu sortir du cadre familial et est directement allé voir les futurs consommateurs, dont une association de préservation de l'environnement à Saint-Gilles.
« C’est intéressant car cela permet de rencontrer les gens et les futurs consommateurs.  Les cautionnaires ont pu s'impliquer dans le projet dès le début et il m'ont également fait connaître à travers le réseau d'amis et familial. Ça m'a permis d'avoir de nouveaux clients. Je ne démarrais pas seul ! »


Olivier touche également une aide du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine qui lui permet de financer 40% de la construction du fournil et de compléter l'emprunt bancaire.

Une installation plus classique

Installé depuis peu, Olivier commence à se faire connaître auprès des agriculteurs voisins. Une ferme se libère non loin de son habitation et il peut récupérer 10 hectares et obtient le statut d'agriculteur à titre principal. Commence alors le parcours d'installation classique :
  1. Contact avec l'ADASEA d'Ille et Vilaine Bretagne et la Chambre d'agriculture
  2. Réalisation du stage d'installation de 40 heures à l'époque (21 heures aujourd'hui)
  3. Passage en CDOA (Commission Départmentale d'Orientation en Agriculture) pour l'acquisition de l'autorisation d'exploiter les terres et des aides destinées aux jeunes agriculteurs.
Il obtient également un prêt Jeune Agriculteur à taux bonifié pour financer le rachat de matériel agricole et un véhicule pour les livraisons.

Les différences entre les deux parcours d'installation

« Le parcours d'installation plus classique avec le passage en CDOA est un parcours qui a demandé extrêmement plus de temps. Derrière il y a toute la batterie qui se met en route : les banques suivent quasiment les yeux fermés ! D'autant plus dans mon cas car les montants de prêt n'étaient pas élevés. Alors que dans le premier cas il a fallu que je démontre la viabilité de mon affaire…

La NEF a plus regardé l’ensemble du projet et a eu une expertise qui me paraissait à moi plus compétente qu’une banque classique qui va regarder le côté économique et financier et puis c’est tout. »

Le conseil d'Olivier

« Ne pas oublier de financer les besoins en fonds de roulement. La Dotation Jeune Agriculteur (plus d'informations ici) est une aide très pertinente pour cela, mais elle arrive souvent très tard (7 mois après l'installation officielle). Dans mon cas, elle n'a servi qu'à financer les besoins engendrés par l'activité et les prélèvements privés ; j'ai préféré utiliser un prêt pour financer les investissements. Ce choix s'est avéré judicieux car les besoins en trésorerie se sont révélés très importants ! »